Test

Toxicophobie




n.f. (angl. toxicophobia)

clin. Peur irraisonnée et irrépressible du poison (toxines), d'être empoisonné, par contact ou par ingestion, par exemple dans les aliments.

Aussi appelée toxiphobie ou toxophobie, la toxicophobie est une phobie spécifique des substances toxiques, et de l'empoisonnement (surtout volontaire) par ces toxines (poison) par quelconque moyen (surtout ingestion par aliments, mais aussi inhalation, inoculation, contact... ). L'origine de cette phobie spécifique n'est pas connue, mais comme d'autres types de phobie, une conjugaison de facteurs environnementaux (traumatismes liés à l'objet de la phobie) et héréditaires devraient expliquer l'apparition du phénomène, au cas par cas. De nombreuses phobies spécifiques sont avant tout initiées par un événement stressant déclencheur, tel qu'un événement traumatisant pendant l'enfance, ou l'association d'une tragédie personnelle avec l'objet de la phobie.

Les symptômes de la toxicophobie se rapprochent des symptômes généralement présents pour toute phobie : anxiété, voire angoisse à la vue de l'objet phobique, avec tachycardie et souffle court, conduites d'évitement caractéristiques. La spécificité de ce trouble consiste en ce qu'il concerne souvent l'alimentation, donc, un besoin quotidien. Certains aliments ou types d'alimentation sont évités (d'où possibilités de quelques carences, à surveiller), la propreté excessive de l'environnement est souvent nécessaire au patient (mais pas systématique), d'où des déplacements fortement influencés par la phobie. La toxophobie se rapproche d'autres phobies concernant la saleté, la poussière, les maladies... excepté que la majorité des cas concerne la peur d'un empoisonnement délibéré. Les patients se méfient donc notamment des traitements médicamenteux, du personnel médical, d'objets tels que les seringues... ce qui peut compliquer la prise en charge d'une éventuelle dépression associée, et du trouble principal, par un traitement médicamenteux.

Le traitement des phobies est de plus en plus pris en charge par les thérapies cognitivo-comportementales, qui offrent de bons résultats, ou d'autres tendances thérapeutiques fondées sur un modèle proche (programmation neuro-linguistique, exposition virtuelle).

Deux autres utilisations du mot peuvent être rencontrées, l'une pour désigner la peur, le rejet voire la haine des toxicomanes (surtout chez le personnel médical), sur le modèle de la xénophobie ou de l'homophobie. L'autre, rarement utilisée, désigne la peur d'empoisonner quelqu'un d'autre.