Test

Test de fluence verbale




(angl. Verbal fluency test)

neuro. épreuve psychologique dans laquelle le participant doit en un temps donné, évoquer (à l'oral ou l'écrit) le plus grand nombre de mots selon une consigne donnée, généralement, selon une catégorisation sémantique ou phonémique. Un test de fluence verbale mesure l'aisance du participant à produire de la parole signifiante, de façon qualitative et quantitative.

Généralement, un test de fluence verbale consiste à faire dire par le participant, en 60 secondes, autant de mots qu'il le peut, chacun de ses mots correspondant à une catégorie sémantique (par exemple, tous les noms d'animaux ou d'outils) ou phonémique (par exemple, tous les mots commençant par"t" ou finissant par "elle").

Le nombre de mots donnés par le participant, les erreurs et leur nature, le nombre de répétitions... permettent d'évaluer, dans le cadre clinique, l'aisance au discours spontané, la nature et la sévérité d'éventuels troubles du langage (principalement oral). Dans le cadre de la recherche, l'ordre des mots donnés peut être considéré comme un indice de proximité (sémantique ou phonologique) dans le lexique mental.

En terme de performance, on relève certains invariants dans l'ensemble de la population dite "normale" :
  • les mots typiques des catégories ou sous-catégories sont plus souvent cités ("chien" et "chat" , catégorie "animaux", sous-catégorie "animaux domestiques" sont par exemple plus souvent cités que "hamster" ou "perruche")
  • au fur et à mesure du déroulement de la tâche, le rythme avec lequel le participant donne les mots s'amenuise : il donne le plus de mots au début et entame des processus de recherche pour en trouver d'autres qui ne lui viennent pas spontanément à l'esprit, ce qui prend plus de temps
  • les mots sont généralement donnés par vagues sémantiquement ou phonologiquement liées, selon le type de fluence (catégorielle ou phonologique) testée. Par exemple, un participant donne en un temps court beaucoup de noms d'animaux domestiques, fait une pause, puis commence à donner des noms d'animaux de la ferme (beaucoup en peu de temps). Cet effet est dû à la proximité dans le lexique mental de ces mots d'une même catégorie.
  • Lors de l'apprentissage du vocabulaire et du langage, principalement pendant l'enfance, la fluence est faible et augmente avec le temps. Certains entraînements (par exemple, entraînement à parler en public, lecture régulière) augmentent la fluence verbale
  • la fluence verbale et le score aux tests de fluence verbale ne sont que faiblement corrélés avec l'intelligence générale : un sujet au fort quotient intellectuelle peut avoir une faible fluence verbale, et inversement.
Les tests de fluence verbale mettent en jeu plusieurs fonctions cérébrales, surtout mémoire, langage et fonctions exécutives, cet constatation étant observable via les données IRM, indiquant l'activation privilégiée des lobes frontaux et temporaux. Plusieurs pathologies neurologiques (démences, syndromes frontal, aphasies), psychologiques ou mixtes (schizophrénie, dépression) affectent les performances à ces tests. Pour cette raison, les tests de fluence verbale sont souvent inclus dans les batteries de tests cliniques, mais également en temps qu'épreuves expérimentales lors de recherches en psychologie cognitive ou neuropsychologie. Ces tests peuvent également être utiles pour noter la progression des aptitudes langagières, exécutives ou mémorielles (efficacité d'un traitement, d'une rééducation, évaluation de la récupération spontanée après une lésion, etc...).

La fluence verbale constatée à l'oral est corrélée positivement avec la fluence écrite, et est un bon indicateur de certaines capacités sociales telle que la communication.