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Le Bon (Gustave, 1841-1931)




Psychologue, sociologue et anthropologue français (1841-1931), précurseur de la Psychologie Sociale, il étudie notamment la formation et les réactions psychologiques des foules dont il tire son ouvrage le plus célèbre. Il est plus tristement remarqué pour ses travaux concernant la "hiérarchisation des races", théorie soutenue par des études prétendument scientifiques.

Ses travaux considérés comme amateurs par ses détracteurs, pionniers par ses défenseurs, ont profondément influencé la psychologie sociale à tel point qu'on le considère comme l'un des principaux fondateurs de cette discipline. Tour à tour médecin (statut remis en cause par B. Marpeau), anthropologue, sociologue puis psychologue social, Le Bon est un polygraphe, amateur de science et écrivain participant avec vivacité aux débats intellectuels de l'époque (fin du 19ème et début du 20ème siècle).

C'est à l'occasion d'un premier succès, les "Lois psychologiques de l'évolution des peuples" (1894), qu'il évoque une idéologie postérieurement reprochée : ses travaux s'inscrivent visiblement dans une tendance de l'époque à considérer la différenciation, voire la hiérarchisation des races. Pourtant, Le Bon nie l'existence dans les sociétés occidentales, de races "pures", et tente d'expliquer ces races comme des bagages culturels se construisant sur plusieurs siècles, et aboutissant notamment à un défaut de bon sens : les connaissances partagées par la "race" sont difficilement remises en cause car acceptées de fait. Le lien qu'il fait de la culture et de la transmission héréditaire est cependant trop idéologique pour que l'on puisse considérer cette oeuvre comme objective, rigoureuse et scientifique.

L'année suivante, Le Bon publie l'ouvrage qui lui vaudra la célébrité, la "Psychologie des foules" (1895), une analyse de la dynamique (formation, caractéristiques...) des masses humaines et des modifications psychologiques de l'individu pris dans cette masse. Il définit l'unité mentale d'une foule menant à l'abolition de la volonté propre de l'individu qui en fait partie, la suggestibilité et la crédulité que cet individu acquiert au sein de la foule, la déresponsabilisation qui laisse libre cours à ces instincts, la sensation de toute puissance qui exacerbe et excite le comportement des membres de la foule. Cette oeuvre inspirera plusieurs politiciens et manipulateurs de masse, bien que la "Psychologie des foules" ne soit qu'une analyse et non une incitation à la manipulation.

Cette oeuvre est également l'une des premières approches de la psychologie du groupe, montrant les modifications de l'individu dans la masse et la puissance des ces masses humaines dans les changements sociaux.

LeBon était également amateur de sciences, relativement polymathe et publia sur de nombreux sujets, allant de l'équitation à la mort apparente, aux voyages en Orient ou à la photographie. Plusieurs de ses œuvres se sont toutefois révélés douteuses tant sur la rigueur que sur l'idéologie qui les sous tend. Malgré cela, il est considéré comme l'un des précurseurs de la psychologie sociale par l'analyse qu'il fait de l'impact de la foule sur l'homme social.

Sources

Le Bon G. (1895). Psychologie des foules. Édition Félix Alcan, 1905.

Liens externes

Gustave Le Bon. Psychologie des foules (1895) (Pdf)

Citations

Psychologie des foules (1895). Aphorismes des temps présents (1913).
  • On ne discute pas plus avec les croyances qu'avec les cyclones.
  • Beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens.
  • Ce n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde.
  • Chez beaucoup d'hommes, la parole précède la pensée. Ils savent seulement ce qu'ils pensent après avoir entendu ce qu'ils disent.
  • La compétence sans autorité est aussi impuissante que l'autorité sans compétence.
  • La libre pensée ne constitue souvent qu'une croyance, qui dispense de la fatigue de penser.
  • Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau de la foule, mais d'élever la foule vers l'élite.
  • Les volontés précaires se traduisent par des discours, les volontés fortes par des actes.
  • Un délit généralisé devient bientôt un droit.
  • Les révolutions n'ont généralement pour résultat immédiat qu'un déplacement de servitude.
  • La femme est inférieure ou supérieure à l'homme ; elle est rarement son égale
  • La femme ne pardonne pas à l'homme de deviner ce qu'elle pense à travers ce qu'elle dit.
  • La soif d'égalité n'est souvent qu'une forme avouable du désir d'avoir des inférieurs et pas des supérieurs.
  • La plupart des hommes sont incapables de se former une opinion personnelle mais le groupe social auquel ils appartiennent leur en fournit de toutes faites.