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Latéralisation (psychologie, neuropsychologie)




n.f. (angl : lateralization)

Spécialisation due à des processus developpementaux amenant une asymétrie fonctionnelle entre deux systèmes morphologiquement semblables.

neuro. En neurosciences, on évoque généralement la latéralisation pour désigner la spécialisation d'un hémisphère cérébral dans la prise en charge de fonctions cognitives, telles que, typiquement, le langage ou les fonctions motrices et sensorielles. Processus et fonction sont  les deux éléments clés de la latéralisation.

Processus développementaux : la latéralisation est inévitablement liée à l'idée de maturation, dans le cas d'un système biologique comme les hémisphères cérébraux : il s'agit d'un changement d'état, concernant la prise en charge des fonctions cognitives (généralement, d'un état d'équilibre fonctionnel jusqu'à la spécialisation d'un des hémisphères pour les fonctions concernées). Les facteurs intervenant dans la latéralisation d'une fonction cognitive sont nombreux : génétiques, environnementaux, hormonaux... La recherche montre que les processus de latéralisation débutent avant même la naissance et se poursuivent pendant l'enfance et l'adolescence jusqu'à maturation du cerveau. Certains de ces processus sont probablement actifs tout au long de la vie et participent au phénomène de plasticité cérébrale.

Asymétrie fonctionnelle : la latéralisation est tout aussi liée à la notion de fonction : les processus physiologiques en oeuvre, bien qu'ils amènent à une latéralité de comportement spontané, concernent l'intégration et le traitement cognitif. Par exemple, la latéralité droite de la main est une conséquence de la latéralisation des fonctions motrices.

Morphologiquement semblables : la spécialisation s'accompagne vraisemblablement de modifications anatomiques, bien qu'on ne sache si elles constituent une conséquence ou l'un des processus de latéralisation.

La spécialisation d'un hémisphère pour une fonction ne signifie pas que l'hémisphère homologue n'intervient pas, on parle davantage de dominance pour signifier que les hémisphères vont progressivement se répartir les tâches, vraisemblablement dans le but d'optimiser la prise en charge d'une fonction. Ainsi, dans le cas du langage, la production de mot et leur sémantique seront généralement pris en charge par l'hémisphère gauche, tandis que des aspects comme la mélodie du langage seront préférentiellement traités par l'hémisphère droit. Les deux hémisphères participent alors à la compréhension et la production du langage.

Si la latéralisation débute précocément, on a pu remarquer chez l'enfant ayant eu un accident cérébral, la prise en charge des fonctions habituellement gérées par l'un des hémisphères, par l'autre, lorsque l'hémisphère habituel ne peut plus prendre en charge ces fonctions. Dans un même ordre d'idée, les sujets atteints d'agénésie du corps calleux ne présentent pas tous les troubles habituellement associés à une résection du corps calleux, une fois la maturation cérébrale achevée. Cela indique que le corps calleux permet la latéralisation de fonctions sans pour autant qu'à l'origine, cette latéralisation ne soit une nécessité absolue.


Pour en savoir plus : Latéralisation et dominance cérébrale. Dossier Psychoweb.fr