Test

Lapsus (psychanalyse, cognition)




n.m. (angl. lapsus)

Substitution faite par inadvertance, d'un mot ou d'une expression que l'on souhaitait dire ou écrire, par une autre expression. Selon les points de vue, notamment psychanalytiques, le Lapsus possède une signification, en rapport avec l'inconscient, qu'il exprimerait à travers les paroles effectivement prononcées.

Psychan. Cela pourrait être une simple erreur de distraction. Freud a cependant présenté le lapsus comme pouvant refléter le court-circuit de la censure par une pensée refusée, qui atteint alors le champ de conscience et constitue la réussite de l'activité inconsciente. Dans cette optique, le lapsus constitue une manifestation directe de l'inconscient, passant outre les résistances, en témoignent le malaise et la gêne ressentie après l'arrivée d'un lapsus.

Cog. Il est cependant des explications de nature cognitive : lors de l'apprentissage, des concepts se ressemblant par certaines caractéristiques (phonologie, sémantique...) se construisent de telle sorte qu'il se retrouvent également proches au sein du système cognitif. Il est aisé de mettre en évidence cette proximité avec de simples épreuves de temps de réaction, avec amorçage : des mots proches sémantiquement se préactivent et facilitent la reconnaissance de leurs homophones ou synonymes. D'ordinaire, les stimuli qui vont activer un concept vont également activer les concepts qui lui sont proches. Un mécanisme d'inhibition permet alors de rejeter les concepts proches pour conserver 'activation du concept principal, il s'agit d'un mécanisme actif. Sachant que les concepts des mots du langage qui se ressemblent (phonologiquement, sémantiquement...) sont préactivés par des stimuli similaires, il n'est pas rare qu'un mot soit remplacé par un autre, d'autant plus dans un état général de fatigue : il est en effet démontré que les lapsus apparaissent plus souvent dans le langage lorsque que le sujet est fatigué ou au repos, que lorsqu'il est alerte et concentré. Vigilance, attention, volonté et concentration sont donc directement liées à l'apparition d'un lapsus.

Notons également que certains patients souffrant de troubles du langage (par exemple, aphasie sémantique) ou de la vigilance sont effectivement plus sujet aux lapsus que des individus ordinaires. Autre indice corroborant cette hypothèse de la propagation de l'activation, il semble que les lapsus soient sujet à la suggestibilité : la vue ou l'écoute de mots augmentent la probabilité d'un lapsus basé sur les mots lus ou entendus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des arguments, le lapsus est lié à la fréquence des mots : un mot rare est plus facilement remplacé par un mot plus fréquent que l'inverse.