Test

Fluence (verbale)




n.f. (angl. verbal fluency)

neuro. Capacité d'un sujet à retrouver spontanément en mémoire et évoquer, principalement à l'oral, des mots selon une consigne donnée et en un temps donné.

Au sens strict, la fluence verbale est la capacité à évoquer des mots en rapport avec une consigne donnée, pendant un temps donné (généralement, 60 secondes ou 2 minutes). La consigne concerne généralement une catégorie spécifique d'éléments (citer des noms d'animaux, de fruits, d'outils...), pour laquelle on parle de fluence verbale catégorielle ou sémantique, ou des éléments ayant en commun une caractéristique spécifique (par exemple, phonémique, on parle alors de fluence verbale orthographique, littérale, lexicale ou alphabétique).

La fluence verbale est pathologique dans le cas d'affections telles que les aphasies et plusieurs types de démences. Elle représente le degré de difficulté avec lequel le patient est capable de s'exprimer (surtout à l'oral, mais également à l'écrit) de manière spontanée. La fluence verbale met en jeu plusieurs fonctions, dont la mémoire, les fonctions exécutives et le langage principalement : le patient doit en effet être capable de retrouver en mémoire à long terme les mots correspondant à la consigne donnée, ce qui nécessite la récupération en mémoire couplée à l'analyse de ces données en mémoire en vertu de la consigne. Le patient doit également être capable de prononcer (ou écrire) ces mots ou expressions, avec une fluidité verbale normale (production du langage).

Classiquement, un test de fluence verbale mesurera le nombre de mots en rapport avec la consigne, évoqués par le patient en 60 secondes, par exemple, citer le plus de noms d'animaux qu'il lui est possible. Un score inférieur ou égal à 14 (plus ou moins 1) mots est alors considérés comme pathologique. L'analyse du score se fait à la fois de manière quantitative et qualitative, car de nombreux aspects peuvent varier d'un patient à l'autre, d'une pathologie à l'autre :
  • Fluence verbale catégorielle et phonologique, si l'une est pathologique et non l'autre, permettent de déterminer quelle aspect du langage ou de la mémoire est touché.
  • La qualité d'énonciation permet d'apprécier les éventuelles difficultés d'élocution (davantage en lien avec des troubles aphasiques)
  • Par contre, les manques de mots avec un langage spontané relativement préservé orientent plutôt le diagnostic vers des troubles de mémoire (démences, par exemple).
  • La nature des erreurs commises (paraphasies phonémiques, sémantiques, stéréotypies, etc...) et leur nombre, orientent également le diagnostic vers des troubles plus spécifiques du langage, des fonctions exécutives ou de la mémoire
La fluence verbale est une fonction d'ordre supérieur à la fluidité verbale, avec laquelle il ne faut pas la confondre : la fluidité verbale correspond au débit verbal et aux capacités d'élocution, et peut être mesurée non en tâche de rappel mais par exemple, par la répétition ou la lecture.

On regroupe parfois les aphasies selon qu'elles présentent une fluence verbale réduite ou au contraire, accélérée (ou normale). Ainsi, Les aphasies non-fluentes regroupent toute aphasie ayant pour conséquence de réduire notablement le débit (par difficulté à retrouver les mots en mémoire,par difficulté de prononciation, etc...), comme l'aphasie de Broca et l'aphasie transcorticale motrice. Les aphasies fluentes regroupent quant à elles les toubles du langage pour lesquelles la fluence est normale, voire accélérée (logghorée, jargonaphasie...), telles que l'aphasie de wernicke, l'aphasie transcorticale sensorielle, l'aphasie sémantique...

! à distinguer de : fluidité verbale