Test

Effet de coaction




n.f. (angl. coaction effect)

Amélioration des performances individuelles à des tâches motrices et intellectuelles due à la présence d'autrui en train d'accomplir les mêmes tâches. La coaction est, avec l'effet d'audience, l'une des composantes de la facilitation sociale.

Social. Cet effet fut observé par Norman Triplett(1) dans ce qui sera considéré par la suite comme la première publication scientifique de psychologie sociale : The dynamogenic factors in pacemaking and competition. Dans cette étude, Triplett montre que la présence de pairs, et plus fortement en situation de compétition, améliore nettement la performance physique des cyclistes. Par la suite, il recréé en laboratoire une situation pour laquelle, avec un maximum de variables contrôlées, il démontre la présence de cet effet sur des tâches motrices simples données à des enfants.

Floyd Allport démontrera en 1920 la présence d'un effet de coaction dans des tâches intellectuelles(2) : les performances individuelles d'étudiants à des associations de mots ou des contre-argumentaires s'améliorent s'ils sont placés en groupe avec des personnes affairées à la même tâche, plutôt que s'ils sont seuls. Selon cet auteur, la perception des mouvements d'autrui et la rivalité ressentie seraient les principaux facteurs amenant à un effet de facilitation sociale en situation de coaction.

Des recherches ultérieures (Zajonc, 1965, Cottrell, 1972) affineront l'analyse des processus de co-action, en les référant notamment :
  • au degré de maîtrise de la tâche de l'acteur : lorsque la tâche est simple ou habituelle, on observe un effet bénéfique de co-action ; lors d'une tâche complexe, la présence d'autrui inhibe la performance.
  • au degré de compétence de l'observateur : si l'observateur est compétent, il introduit une notion d'évaluation faisant apparaître un effet de co-action. Peu d'effet si l'observateur est absent ou n'a pas la possibilité d'évaluer, ou bien, n'est pas compétent pour le faire.

Références

(1) Triplett, N. (1898). The dynamogenic factors in pacemaking and competition. American Journal of Psychology, 9, 507-533.
(2) Allport, F.H. (1920). The influence of the group upon association and thought; Journal of experimental psychology. 3, 159-182. 
Voir aussi : Desbrosses S. (2007). Allport (1920-1924) : l'effet de coaction. In Psychoweb.fr