Test

Échopraxie




n.f. (angl : echopraxia)

Reproduction automatique et involontaire (en écho) d'un geste ou d'un mouvement vu, effectué par autrui.

L'échopraxie peut s'observer dans de nombreuses conditions ou pathologies neurologiques et psychiatriques. On la retrouve souvent, par exemple, en tant que symptôme de schizophrénie type catatonique. Parmi les pathologies souvent citées comme pouvant présenter une échopraxie : Autisme, Psychoses infantiles, syndrome Ganser, syndrome de Gilles de la Tourette, syndromes frontaux, certaines formes de dépression et de démence.

Le comportement n'a aucun but, ludique, ou communicatif. Il ne consiste vraisemblablement qu'en une imitation ou répétition involontaire, sans pour autant avoir valeur de réflexe. Certains patients se rendent tout à fait compte de la bizarrerie de leur comportement imitateur, sans toutefois pouvoir l'empêcher[1]. Quelques-uns évitent même soigneusement de regarder des personnes dont ils savent les comportements incongrus, afin d'éviter de les répéter (Shapiro et al. 1988).

Il faut savoir qu'au naturel, certains comportements échopraxiques mineurs sont observables, en dehors de toute pathologie : croiser les bras lorsque quelqu'un croise les bras, bailler (la contagion du bâillement)... Ces comportements, surgissant plus fréquemment lorsque l'on est déconcentré et fatigué (les comportements échopraxiques augmentent avec la baisse de vigilance), pourraient être le signe d'un contrôle réduit du cortex préfrontal sur les commandes motrices.

Aussi, pour certains auteurs[2], l'échopraxie s'expliquerait par un défaut de régulation et d'inhibition des commandes motrices, notamment, l'absence d'inhibition des commandes générées par les neurones miroirs, s'activant lorsque l'on perçoit par exemple un geste. Selon ce point de vue, les neurones miroirs activés par la vision du geste déclencheraient automatiquement les commandes permettant de le reproduire, dans l'aire motrice primaire. En temps normal, cependant, cette commande est inhibée, notamment par les aires motrices supplémentaires qui sélectionnent les mouvements volontaires, le gyrus frontal inférieur (et via ce gyrus, le cortex cingulaire antérieur).

Cette hypothèse, bien que  cohérente avec d'autres observations cliniques (syndromes frontaux, faiblesses frontales dans la schizophrénie...) ne fait cependant pas l'unanimité : D'autres auteurs évoquent la rupture de faisceaux reliant les cortex occipitaux et frontaux, ou des structures sous corticales liant le cortex occipital au cortex moteur, supposant que le cortex occipital entraîne en temps normal l'inhibition des commandes motrices dues aux neurones miroirs, sans forcément passer par le cortex frontal.

Références

[1] De Renzi E., Fachinni S. & Cavalleri F. (1996) Imitation and utilisation behavior. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry. 61(4):396-400
[2] Pridmore S, Brüne M, Ahmadi J, Dale J (July 2008). "Echopraxia in schizophrenia: possible