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Chunk, chunking




n.m (angl : chunk)

cog. Le chunk est un phénomène cognitif et moyen mnémotechnique consistant à regrouper l'information en paquet formant une entité unique, plus facilement mémorisable en mémoire à court terme, ou au moins autant, qu'un élément simple. Il a pour but de faciliter la mémorisation de plusieurs informations en les organisant en groupes indivis.

L'exemple le plus couramment évoqué est celui des numéros de téléphone, que l'on regroupe généralement par deux : alors qu'un numéro de téléphone contient (en France) généralement 10 chiffres, nous les regroupons généralement en entités constituées de deux numéros. Ainsi, 09.17.65.42.33 est plus facile à retenir que la suite des 10 mêmes chiffres, pris un par un : 0.9.1.7.6.5.4.2.3.3.

Il en va de même pour tous les éléments susceptibles d'être groupés en mémoire à court terme (MCT) : les suites d'actions ou les positions de pièces sur un jeu d'échecs, les numéros par paquets de 2 ou 3 (généralement), les syllabes plutôt que les lettres...

On illustre le phénomène par la facilité d'un rappel libre par rapport à un rappel sériel (par exemple de numéros), en constatant qu'un sujet rappelle plus facilement des suites de numéros sous formes de groupes plutôt que numéro par numéro. Un groupe ainsi formé en mémoire, si l'on en connaissait cependant l'existence avant, a été nommé Chunk[1] (Miller G, 1956).

Un chunk est d'autant plus facile à recréer et à mémoriser qu'il a été appris auparavant (et qu'il correspond donc à une sémantique, consciente ou non, faisant ainsi intervenir la mémoire à long terme). Il est également plus facile d'effectuer de tels groupements si des similarités perceptives se présentent. Néanmoins, la qualité de similarité perceptive reste très subjective, et donc variable d'un individu à l'autre.

Chaque chunk comprend en moyenne de 2 à 6 éléments simples. Depuis Ebbinghaus (1885), de nombreuses études cognitives établissent la moyenne du nombre de chunks réalisables à 7 plus ou moins deux, que l'on qualifie d'empan. C'est également la moyenne du nombre d'éléments simples mémorisables, constatation qui rentre en cohérence avec l'hypothèse selon laquelle pour la mémoire, le chunk est un moyen de transformer plusieurs objets simples perçus, en une seule entité mémorielle.

La preuve manifeste de l'existence au sein du système cognitif et mémoriel, de ces chunks, se révèle par le temps de réponse entre deux éléments (rappel d'information) selon qu'ils font partie d'un chunk ou non : deux élements d'un même chunk sont rappelés presque instantanément l'un à la suite de l'autre. Par contre, le rappel d'un nouvel élément appartenant à un autre chunk est plus lent.

Selon Miller, le chunk est avant tout un travail de recodage de l'information, et un moyen mnémotechnique très efficace pour retenir en MCT des informations plus nombreuses que la "capacité limite" de celle-ci ne le permettrait normalement. La refonte de l'information perçue en entités cognitives de niveau supérieur a par exemple permis à des sujets de retenir des suites de 40 chiffres, si on les entraînait à les regrouper par 5. 

[1] Miller, G.A. (1956). "The Magical Number Seven, Plus or Minus Two : Some Limits on our Capacity for Processing Information". Psychological Review, 63, 81-97.