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Autovampirisme




n.m (angl. Autovampirism)

Psycho clin. Comportement volontaire rare consistant à ingérer de façon répétée son propre sang. L'autovampirisme se retrouve fréquemment dans les premiers stades du syndrome de Renfield mais également en tant que composante d'un délire d'allure psychotique. Il peut également se rencontrer dans le cadre de la recherche identitaire et culturelle spécifique à la tranche d'âge des adolescents et des jeunes adultes.

L'autovampirisme, à savoir la consommation de façon répétée de son propre sang, est caractéristique du 2ème stade du syndrome de Renfield, tel que proposé et décrit par Noll (1992). Ce stade est une phase de renforcement positif des pulsions sexuelles liées au goût du sang. Il s'accompagne d'automutilation de mieux en mieux contrôlées avec l'expérience qu'acquiert l'autovampire. Dans cette conception, l'autovampirisme s'envisage comme une paraphilie, recherche de satisfaction sexuelle à travers la consommation et le goût du sang. Le comportement d'autovampirisme accompagne alors régulièrement d'autres activités sexuelles telles que la masturbation.

L'autovampirisme se rencontre également dans des pathologies d'allure psychotiques, telles que schizophrénie et bouffées délirantes, dans lesquelles il constitue un symptôme délirant inscrit dans le cadre d'une thématique délirante d'ordre supérieur. Plusieurs cas décrits[1] dans la littérature rapportent un lien avec une angoisse profonde touchant le corps propre de l'individu, dans un contexte paranoïaque de dépersonnalisation, d''hallucination concernant une souillure ou un empoisonnement. L'ingestion du sang est alors considérée par le patient comme une manière de se "purifier". D'autres exemples empreints de culture spécifique aux rites sataniques et vampiriques ont été mis en évidence, dans lesquels l'environnement culturel fournit une base sur laquelle peut s'appuyer un délire plus ou moins intense. Les troubles identitaires sont fréquemment associés à l'acte d'autovampirisme.

L'autovampirisme est enfin sous une forme mineure une pratique partagée par certaines communautés, dans le cadre d'un environnement culturel et identitaire spécifique lié aux différents mythes des vampires, principalement fréquentés par des adolescents et de jeunes adultes, de même que dans certains cas de vampirisme clinique. Dans la majorité des cas, ceux-ci ont bien conscience au fond d'eux-même que le vampire n'existe pas : la pratique est avant tout un signe de ralliement et d'appartenance à un système de pensée et des goûts excentriques. Il arrive néanmoins qu'émergent sur ce terreau culturel, un trouble identitaire profond chez des personnes pour lesquelles la frontière entre le réel et la fiction est floue.

Dans les trois cas, le patient donne généralement une signification mystique au sang et à sa consommation (vol d'énergie vitale, rajeunissement...).On pourra distinguer plusieurs cas d'autovampirisme et comportements proches, tels que l'automutilation pour sucer son propre sang, la perforation artérielle de manière à stocker le sang, pour éventuellement le boire plus tard, et même, dans des cas anecdotiques, la seule contemplation de son propre sang (Kwaver, 1980) ou du sang remplissant une seringue (mis en évidence chez certains drogués par Bartholomew, 1973).