Test

Autostimulation




n.f. (angl. self-stimulation)

Procédure contrôlée par l'animal (homme compris) lui permettant de déclencher artificiellement une décharge électrique intra-cérébrale.

En pratique, on parle généralement d'autostimulation lors de la stimulation volontaire par un individu, d'une de ses zones cérébrales. Le premier exemple d'autostimulation fut observé dans les années 50 par Olds et Milner[1], qui placèrent dans une cage munie d'un levier, des rats auxquels ils avaient implanté des électrodes, au niveau de l'aire tegmentale ventrale. L'appui sur le levier générait une décharge dans ce qui serait plus tard connu comme l'un des centres nerveux du plaisir, et les deux chercheurs constatèrent qu'après une phase d'apprentissage (autorenforcement) particulièrement rapide, la fréquence d'autoadministration pouvait dépasser le nombre de 100 par minute, toute autre activité étant volontairement mise en sommeil.

La rapidité de l'autorenforcement tient au fait non seulement au plaisir procuré, mais également à l'attente de plaisir se trouvant confirmée : l'apprentissage en cas d'autostimulation des centres du plaisir est soumis à la fois à un conditionnement motivationnel, et factuel, augmentant ainsi désir et plaisir, et rendant ce besoin insatiable. Le comportement ne s'arrête qu'avec l'épuisement physique, ce qui est une spécificité de l'autostimulation par rapport au conditionnement opérant traditionnel.

Les structures anatomiques impliquées dans l'autostimulation menant au plaisir se trouvent en premier lieu dans le mésencéphale, notamment l'aire tegmentale ventrale, un siège des voies dopaminergiques. Hypothalamus, septum, certaines zones du thalamus mais également les amygdales et le cortex frontal, interviennent dans les sensations de plaisir, qui rendent le renforcement positif très puissant. Notamment, la décharge des voies dopaminergiques dans le noyau accumbens est liée à la sensation de plaisir et à l'orgasme. A l'inverse, d'autres zones cérébrales (régions médianes de l'hypothalamus et du mésencéphale, régions antérieures de l'hippocampe et du gyrus cingulaire, cervelet...) provoquent un renforcement négatif également très puissant, et représentent le système aversif, sous tendant les comportements d'arrêt et de fuite.

L'autostimulation à pu être observée chez le rat, le singe, le poisson rouge, le chat, le pigeon, le marsouin...

[1] Desbrosses S. (2007) L'orgasme sur commande - Olds et Milner (1954) . Retrieved in www.psychoweb.fr.