Test

Autopunition




n.f. (angl. self punishment)

Conduite punitive appliquée à soi en réponse, généralement, à un sentiment de culpabilité imaginaire, c'est-à-dire en réponse à des sensations ou des événements n'ayant pas existé ou ne nécessitant pas telle réprobation.

Le terme d'autopunition, principalement utilisé en psychanalyse, fait référence aux conduites d'expiation d'un comportement antérieur que l'on croit avoir commis, ou que l'on croit particulièrement plus honteux ou moralement inacceptable, qu'il ne l'est en réalité. Les valeurs de satisfaction ou de plaisir sont absentes dans l'autopunition, ce qui différencie l'acte autopunitif de l'acte masochiste.  Il ne s'agit pas d'y prendre du plaisir mais plutôt de soulager une tension angoissante. L'autopunition peut déclencher un passage à l'acte auto ou hétéroagressif allant jusqu'à l'automutilation, le suicide ou l'homicide. La thématique délirante associée au fonctionnement psychotique entraîne une dangerosité du patient qu'il convient de surveiller.

L'autopunition est liée, dans la théorie psychanalytique, à la tension créée par un Surmoi autoritaire et exigeant sur le Moi. Lacan a particulièrement développé ce concept suite à l'observation de sa patiente Aimée (Marguerite Anzieu), qualifiant son modèle de fonctionnement psychotique de paranoïa d'autopunition[1]. Selon lui, cette affection psychologique présente les caractéristiques suivantes, précisant le rôle de l'autopunition par rapport aux autres paranoïas :
  • un déclencheur vraisemblablement physiologique (intoxication, variation endocrinienne, par exemple ménopause). 
  • une cause éthique (un conflit moral) fréquemment liée à la fraternité ou la parentalité, suite à un événement à valeur traumatique (par exemple, avoir pris du plaisir lors d'abus sexuels).
  • une structure de personnalité dominée par les instances du Surmoi, souvent en lien avec une éducation familiale exigeante.
  • une thématique délirante d'auto-accusation.
  • une structure antérieure de personnalité marquée par l'inachèvement des conduites vitales, notamment concernant la sexualité et les rapports familiaux.

Références

[1] Fellahian C. (2005). La psychose selon Lacan : évolution d'un concept. L'Harmattan, ISBN 2747590887, 9782747590884. p18-20