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Autisme




n.m. (angl. autism ; allem. autismus)

Trouble du développement caractérisé par une altération importante des relations sociales, de la communication et des activités, avec repli sur un monde intérieur et fuite du contact avec autrui.

Introduit une première fois par Bleuler (Le Groupe des Schizophrénies, 1911) pour désigner chez l'adulte schizophrène, le repli dans un monde intérieur (perte de contact avec la réalité), le terme d'autisme revêt son importance actuelle lorsque  le psychiatre Léo Kanner décrit l'Autisme infantile précoce dans un article de 1943[1]. Distinguant l'autisme de la schizophrénie infantile, notamment par l'impossibilité dès la naissance d'établir des contacts affectifs.

Symptomatologie de l'autisme 

L'autisme se caractérise par une triade symptomatique regroupant des altérations de la communication (verbale et non-verbale), de grandes difficultés (voire incapacité) à nouer des relations affectives et sociales, ainsi qu'un intérêt limité pour l'environnement extérieur (peu d'activité, stéréotypies comportementales, repli sur soi...). Il touche environ un enfant sur 150, à raison de 3 garçons pour une fille. Le syndrome se met en place avant trois ans, mais dès les premiers contacts avec autrui, des signes d'autismes peuvent être repérés.

Le DSM IV établit pour critères diagnostiques les symptômes suivants (résumé) :

A. au moins 6 signes parmi les 3 domaines suivants.
  • Altération qualitative des relations sociales (au moins 2 altérations parmi les signes suivants) : communication paraverbale, interactions avec les pairs de même niveau de développement, partage d'intérêt ou d'information, réciprocité sociale et affective.
  • Altération de la communication verbale (au moins 1) : retard de développement du langage, difficulté à initier et soutenir une conversation, langage stéréotypé ou idiosyncrasique, abstraction et simulation absente (jouer à imiter ou à faire semblant)
  • Stéréotypie et répétition de comportements (au moins 1) : préoccupation anormale pour un ou quelques intérêts précis, habitudes et rituels bizarres, comportements répétitifs ou stéréotypés (maniérisme moteur), préoccupation excessive pour des objets sans intérêt ou des parties d'objets
B. Retard ou anormalité avant l'âge de trois ans dans au moins un des domaines suivants : interactions sociales, langage communicatif, jeu d'imagination ou jeu symbolique.

C. Pas mieux expliqué par d'autres troubles de développement (syndrome de Rett, trouble désintégratif de l'enfance).

Le trouble autistique fait partie des troubles envahissants du développement dont font également parties Syndrome de Rett, syndrome d'Asperger, trouble désintégratif de l'enfance et trouble envahissant non spécifié du développement. Le syndrome de Rett n'est pas diagnostiqué chez les garçons et présente des signes morphologiques différentiels. Le syndrome d'Asperger ne présente que peu ou pas de retard du langage, le trouble désintégratif commence à partir de deux ans. Si des signes autistiques sont présents mais non suffisants, le trouble peut être non spécifié. L'autisme se repère également chez l'adulte et on peut le confondre avec une schizophrénie (d'où l'utilité de vérifier le développement antérieur).

Les causes de l'Autisme

A l'origine considéré comme une maladie psychogène, l'autisme se révèle au fil du temps multifactoriel. De nombreuses hypothèses ont soulevé de vives controverses et les causes de l'autisme se précisent mais restent incomplètes. Des études gémellaires confirment la présence d'un facteur génétique, de même que l'augmentation de probabilité d'autisme chez les apparentés d'autistes.

Certains aspects neurochimiques ont pu être mis en évidence, comme la hausse de concentration en sérotonine secrétée par les plaquettes, et une baisse en épinéphrine, dopamine et norépinéphrine plaquettaires. Des anomalies neurocytologiques ont également pu être constatées dans le cortex et le cervelet (connexions augmentées ou diminuées, ayant chacune pour effet un dysfonctionnement). Le nombre plus élevé de garçons autistes (par rapport aux filles, et quelque soit le pays) suggère une origine génétique : plusieurs chromosomes (2, 11) sont susceptibles d'intervenir dans la génèse de l'autisme. Cependant, la controverse est toujours présente et plusieurs études se contredisent, des changements biologiques spécifiques n'ont pas encore été trouvés, il est probable non seulement que plusieurs facteurs interviennent (dont des facteurs environnementaux), mais également que l'autisme  puisse prendre plusieurs formes d'origine différente mais de symptomatologie similaire.

Des études sur le sommeil de l'autiste ont noté une baisse des mouvements oculaires rapides lors du sommeil paradoxal. On note également la co-morbidité statistiquement significative de l'autisme avec plusieurs affections organiques cliniquement observables (encéphalopathies, épilepsies, syndrome de l'X fragile).

Prise en charge

Celle-ci est généralement effectuée en hôpital de jour, principalement sur la base de thérapies cognitivo-comportementales, associant un travail rééducatif (psychomotricité, orthophonie) à un travail pédagogique  et éducatif adapté. Une intégration en milieu scolaire peut être tentée si le développement de l'enfant le permet, la prise en charge des parents peut se révéler utile, dans la mesure ou ceux-ci souffrent généralement beaucoup de la situation. Depuis quelques décennies, le pronostic s'améliore sensiblement et la prise en charge permet à l'enfant d'acquérir plus d'autonomie, de développer plus aisément des relations sociales. L'évolution est cependant aléatoire et peut s'étendre vers une schizophrénie.

[1] Kanner, L. (1943). Autistic disturbance of affective contact. Nervous Child 2, 217-250