Test

Attitude (psychologie)




n.f. (angl. attitude, set)

Disposition interne durable et état de préparation mental orientant les réponses comportementales et cognitives envers un objet physique ou social, un événement ou une catégorie d'objets et d’événements.

Dans son acceptation la plus courante, l'attitude correspond à une disposition mentale envers un stimulus ou une classe de stimuli, qui va orienter les comportements face à ces stimuli. L'acceptation varie selon que l'on s'intéresse aux réponses comportementales (par exemple, en psychologie cognitive) pour laquelle l'attitude est envisagée directement par l'observation des réponses comportementales, et notamment les comportements d'attente ou de préparation à l'action, ou selon que l'on s'intéresse aux objets sociaux.

Cog. Etat de préparation de l'individu à un stimulus, qui oriente temporairement ou durablement les capacités perceptives, motrices et de traitement de l'information liées à ce stimulus ou une classe supérieure à laquelle appartient ce stimulus.

L'attitude s'observe par tout comportement anticipatoire, mobilisant les ressources cognitives et comportementales vers un but. Typiquement, l'attitude, (dans cette acceptation, aussi nommée attitude préparatoire) s'observe dans la préparation d'un sujet à une expérience, dans la préparation de l'individu qui s'attend à un évènement (comportement d'orientation, préparation mentale et physique...).

Par exemple, un sujet auquel on demande de répondre le plus rapidement possible à un stimulus affiché sur un écran, en tapant sur une touche ou une autre du clavier (méthodologie classique de mesure de temps de réaction), prépare ses mains au dessus des touches, oriente son regard vers l'écran et se prépare à mobiliser ses ressources cognitives motrices, perceptives, intégratives dans le but de réaliser la tâche. De manière générale, l'attitude correspond à une "mise en condition".

Soc. Etat mental relativement stable et durable d'un individu envers un objet social ou une classe d'objets sociaux, organisé à travers l'expérience et sous-tendant les réponses favorables ou défavorables envers cet objet.

Dès les années 20, les psychologues sociaux se sont rendus compte de l'insuffisance du modèle béhavioriste pour décrire la réalité sociale et la gestion de cette réalité par l'individu. L'individu construit par l'expérience un ensemble de connaissances, de lien affectifs, de réponses, envers les objets sociaux qu'il rencontre, et qui vont orienter ses comportements futurs face à des objets sociaux semblables. Par définition latente, l'attitude peut cependant s'observer à travers l'étude de nombreux indices (opinions, réponses comportementales...). L'attitude est par exemple "mesurée" à l'aide d'échelles d'attitudes (de Thurstone, de Likert, de Guttman) qui sont les plus connues). Une autre méthodologie, relativement récente, postule l'existence d'un lien sémantique qui facilite les traitements selon les attitudes : par exemple, si un sujet lit le mot "apéritif" en tant qu'amorce sémantique, il sera susceptible de reconnaître plus facilement et rapidement un mot comme "convivialité" si son attitude est favorable envers l'alcool. 

2 théories essentielles se sont succédées : la théorie tri-componentielle postule trois composantes de l'attitude : une composante cognitive regroupant les informations et connaissances au sujet de l'objet social, une composante affective correspondant au lien favorable ou défavorable que l'on y accorde, ainsi qu'une composante conative représentant les donnes comportementales effectives que l'on a eu vis-à-vis de l'objet social.

Si cette première théorie constitue un cadre de pensée utile, elle ne reste cependant que spéculative. A sa suite, Eagly et Fishbein ont préféré ne conserver que la composante affective afin de définir l'attitude sur la base l'orientation (favorable, défavorable) qu'elle induit. L'évaluation de l'objet social devient, dans cette conception, l'aspect fondamental de l'attitude, et cette attitude est notamment en relation avec les croyances (connaissances) et les comportements (conation).

L'attitude, longtemps considérée comme stable et complète (en ce sens qu'elle regroupe l'ensemble des données disponibles pour le sujet social, à propos de l'objet social), s'est vue reléguée au rang d'outil cognitif instable. Les travaux de Wilson lui ont permis de développer l'idée selon laquelle l'ensemble des attitudes forme une "base de données" interne dont les éléments pertinents ne sont pas toujours pris en compte de manière exhaustive : en face d'un même objet, les opinions, connaissances, dispositions mobilisées par le sujet social (son attitude) sont notamment dépendantes du contexte ou de l'état psychique du sujet : l'attitude n'est pas toujours globalement mobilisée pour répondre à la réalité sociale.

Si les attitudes suscitaient de grands espoirs pour la compréhension des comportements, les recherches successives ont montré que le lien entre ces attitudes et les comportements effectifs des sujets, et instable et peu prédictible. Le comportement dépend en effet des attitudes, mais également de nombreuses autres variables telles que les normes sociales en cours ou le degré de contrôle que le sujet pense posséder sur son propre comportement. Les attitudes restent cependant un concept central de la psychologie sociale.