Test

Attitude propositionnelle




n.f. (angl. propositional attitude)

Attitude personnelle à laquelle se conforte un individu face à une proposition. L'attitude propositionnelle inscrit le rapport de l'individu à la proposition considérée, par exemple, une croyance, une intention...

Lors de ses travaux sur la logique mathématique, Bertrand Russel remarque que la valeur de vérité d'une proposition ne dépend pas seulement des valeurs intrinsèques des éléments qui la constituent, mais également, pour certaines d'entre elles, du point de vue et des connaissances de l'individu qui la traite. Cela se traduit, en langage courant, par l'utilisation de verbe comme "deviner que", "croire que", "désirer", "supposer".

En logique classique, deux éléments équivalents peuvent être remplacés (principe de substitution) : Ainsi, si A est un équivalent de B, alors si A implique C, on en déduit logiquement que B implique lui aussi C.

Cette logique n'est pas respectée dans le cas où l'information n'est pas formalisée ou au moins extraite de l'individu se rapportant à cette proposition : ainsi, l'attitude propositionnelle de croyance peut amener à des assertions fausses, incomplètes. Par exemple "Jean croit que 1 + 3 = 5" est une attitude de Jean vis-à-vis de la proposition "1 + 3 = 5", qui se révèle fausse en arithmétique.

Ces attitudes propositionnelles ont notamment été étudiées par W. Quine, qui leur assigne le caractère non-extensionnel : les propositions et leurs éléments n'ont en soi aucune valeur vraie ou fausse et ne permettent de construire un système logique, et donc des inférences ou des déductions. Par exemple  :
  • Propositions : "Jean est français" et "Jean et Marc sont de même nationalité" permet de déduire que Marc est français. Les propositions ont valeur de vrais ou de faux et des inférences logiques peuvent en être tirées.
  • Attitudes propositionnelles "Paul croit que Jean est français" et "Paul croit que Jean et Marc sont de même nationalité" ne permet ni de déduire la nationalité de Marc, ni celle de Jean, ni même que Jean et Marc sont effectivement de même nationalité. Si l'on veut rester strict, on ne peut même pas en déduire que Paul croit que Marc est de nationalité française.
Au delà de la valeur vraie ou fausse d'une proposition, celle-ci peut également prendre une signification tout à fait différente selon le point de vue et les connaissances.