Test

Attention conjointe




n.f. (angl. Joint attention)

Regard ou intérêt orienté vers ce qu'un autre être vivant regarde ou pointe. Cette capacité nécessite de distinguer le doigt ou le regard de l'autre comme virtuellement extensif.

Dev. L'attention conjointe est un des mécanismes de base de la théorie de l'esprit, consistant à se représenter ce que peut se représenter autrui. C'est également un apprentissage important intervenant dès le plus jeune âge dans la communication, notamment avec les parents. Lors des premiers mois, l'enfant regarde uniquement ce pour quoi il porte un intérêt, mais relativement, tôt, il entretient une relation œil à œil avec la mère, puis comprend progressivement que le regard de sa mère peut se poser sur lui, puis sur d'autres lieux de l'environnement physique.

A partir de cette compréhension, il peut lui même regarder l'endroit où sa mère pose les yeux, établissant ainsi un lien entre l'environnement social et l'environnement physique. Selon Butterworth et Cochran (1980) l'enfant est capable, à partir de 6 mois, de saisir la direction que porte le regard, il peut alors repérer un objet regardé par autrui, si l'objet se trouve dans son champ de vision. Il faut cependant attendre environ 18 mois pour que l'enfant repère l'objet quelque soit l'endroit où celui-ci est localisé, comme s'il pouvait se représenter le regard de l'autre, à la différence du stade précédent caractérisé par l'égocentrisme. L'enfant semble alors en mesure de se représenter une intentionnalité d'autrui.

Parallèlement à ce développement se met en place la compréhension d'un "langage visuel & mobile" dont l'enfant va pouvoir se servir : le bébé apprend peu à peu que son propre regard permet d'orienter ses parents. L'usage du bras, puis d'un doigt pour pointer un objet, lui permet de modifier l'environnement (par exemple, demander à son parent d'apporter cet objet). Sans avoir accès au langage, l'enfant est déjà capable de communiquer son intentionnalité, et comprendre partiellement celle d'autrui.