Test

Argumentation (psychologie, linguistique)




n.f. (angl. argumentation)

Ensemble de propositions linguistiques construites et organisées dans le but d'établir un message présentant une connaissance ou un point de vue.

L'argumentation était dès l'antiquité au centre de l'intérêt des philosophes, qui voyaient en la rhétorique un raffinement du discours en vue du partage de connaissance, ou de manière plus pratique, à visée politique. La psychologie s'est intéressée à l'argumentation persuasive via la psychologie sociale, avec les recherches princeps de Hovland, Janis et Kelley portant sur le changement de l'attitude, en fonction du message. La théorie de l'information de Shannon et Weaver allait marquer cette discipline en instaurant les bases structurelles de ce message : une source, un canal, ainsi qu'un émetteur.

Chacune de ses propriétés de la communication a par la suite fait l'objet de nombreuses recherches, visant à étudier les caractéristiques de la communication qui permettraient de persuader au mieux. Plusieurs sources de persuasion ont ainsi été mise en évidence : crédibilité de la source d'argumentation, polarité de l'argumentation (unipolaire ou bipolaire, c'est-à-dire présentant des arguments opposés), statut ou confiance de la source à propos de sa propre argumentation, etc...

Dans l'optique psychologique, peu importe le contenu du message, la recherche s'intéresse avant tout à la structure (ou les propriétés de tout type de contenu) permettant d'améliorer l'efficacité du message. Les recherches sur l'argumentation, de par leur nombreuses applications (publicité, prévention, etc...) ont connu un essor énorme depuis les années 50. Certains mouvements se détachent, par exemple, le mouvement initié par Potter et Wetherell (1987), va s'attacher à l'analyse du discours, considérant le langage non plus comme un outil, mais de l'action.

La psychologie a coutume de voir dans le langage le reflet de la pensée, aussi, l'analyse discursive permet d'objectiver la présence de constituant révélateurs des attitudes, de la pensée, directement dans la structure du langage (Castel et Lacassagne, 1993), ces constituants étant relativement indépendants des normes sociales, en ce sens qu'ils passent outre la volonté du sujet. Cette tendance n'est pas sans rappeler les tentatives de formalisation du langage à travers un langage logique vers lequel tendaient les anciens philosophes. Trouver dans la logique ou les mathématiques les propositions et les inter-relations qui optimisent la portée, la généralité, la véracité d'une argumentation : dans tous les cas, on essaie d'extraire de l'argumentation et du langage, les propriétés structurelles s'appliquant à tout type de contenu.

L'argumentation en tant que telle arbore donc de nombreux aspects importants pour la psychologie : elle constitue une porte sur le raisonnement et la pensée du sujet, mais également ses représentations mentales (par exemple, attitudes sociales). Elle constitue également un outil permettant de nombreuses applications dans la vie quotidienne. Elle correspond enfin à un aspect fondamental de l'une des grandes fonctions cognitives et sociales de l'homme, le langage.