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Antipsychiatrie




n.f. (angl anti-psychiatry)

Mouvement théorique et pratique, apparu dans les années 1960) rejetant la notion de maladie mentale, certaines pratiques institutionnelles et médicamenteuses propres à la psychiatrie depuis le milieu de XIXème siècle.

Ce mouvement est apparu au milieu du siècle dernier, principalement en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, avec la critique du milieu médico-psychiatrique de l'époque. Il repose sur la critique de trois points forts :
  • la notion de maladie mentale doit être re-située dans un contexte familial et sociologique. L'antipsychiatrie a notamment influencé la systémique et les thérapies familiales, en pointant certaines maladies comme indicatrice d'un contexte pathologique, non plus seulement d'un patient malade. De plus, la dichotomie Normal/Pathologique n'a pas lieu d'être, selon ce courant antipsychiatrique.
  • L'institution psychiatrique (et les mœurs) doit suivre les réformes découlant de cette redéfinition de la maladie mentale : de nombreuses institutions d'alors dénaturent, selon certains, le patient et ce notamment en l'enfermant et en le privant de ses droits fondamentaux de citoyen. Ces institutions répondent de moins en moins à leur but d'origine (soigner le malade) mais visent plutôt la résolution des problèmes posés à la collectivité par les patients.
  • avec l'arrivée des premiers médicaments psychotropes en 1952, des abus médicamenteux se sont immédiatement mis en place et la pratique de la psychiatrie médicale tend à sur-utiliser ces produits, augmentés de traitements coercitifs et immoraux (mensonges, internements, abrutissements).
L'un des premiers auteurs antipsychiatres, Thomas Szasz, a montré combien le climat théorique de l'époque souffrait de contradictions, d'idéologies pseudo-scientifiques et d'apparences instaurées pour conserver des pratiques peu rigoureuses. Ainsi est il l'un des fervents opposants à la déresponsabilisation du malade par la psychanalyse ou par le "Tout génétique", pointant le rôle des mœurs, des religions, des idéologies dans la vision du malade. A sa suite, de nombreux psychiatres, tels que David Cooper et Ronald Laing soutiendront la prise de conscience de défaillances dans les institutions psychiatriques et les modèles théoriques de l'époque. L'une des expériences les plus célèbres mettant en cause ces institutions[1], réalisée par David Rosenham (1973) marqua les esprits et initia de nombreux changements dans la prise en charge des malades.