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Antidépresseur




n.m. (angl. antidepressant)

Psychotrope dont l'effet principal consiste à relever l'humeur dépressive. Les antidépresseurs sont parmi les psychotropes les plus utilisés en France, parfois de manière injustifiée, et le plus souvent pour traiter la dépression et les troubles anxieux.

On trouve trois classes d'antidépresseurs, distinctes de par leur structure moléculaire et leur effet biochimique.
  • les antidépresseurs tricycliques, les plus anciens antidépresseurs, empêchent la recapture pré-synaptique de neurotransmetteurs monoamines tels que la sérotonine et la noradrénaline, favorisant la concentration de ces neurotransmetteurs, et l'adaptation structurelle de la synapse (modification du nombre de récepteurs agonistes post-synaptiques). L'effet peut prendre 2 à 6 semaines avant de se faire sentir.
  • les IMAO (inhibiteurs de monomamine oxydase) empêchent la dégradation de monoamines, favorisant également la concentration de celles-ci dans la fente synaptique. Ils sont moins prescrits car présentant de nombreux effets secondaires et contre-indications.
  • les antidépresseurs non IMAO et non tricycliques, par exemple les ISRS (inhibiteurs sélectifs de recapture de sérotonine, non tricyclique) dont le Prozac fait partie. Ils ne sont pas forcément les plus efficaces, mais sont sensiblement moins toxiques.
Quels qu'ils soient, tous les antidépresseurs ont certains effets communs
  • l'action thymoanaleptique. Ils sont prescrits dans le cas de dépression ou d'épisodes dépressifs, de troubles anxieux, peuvent parfois renverser l'humeur qui devient alors euphorique (ce qui les distingue par exemple, des tranquillisants). Ils prennent tous un certain temps à agir (effet débutant après 10 à 15 jours voire davantage)
  • l'effet neurologique. Outre les modifications attendues au niveau des synapses, qui vont permettre l'effet antidépresseur, on observe régulièrement un effet sur le système neuro-végétatif (hypotension orthostatique, tachycardie) mais également sur des fonctions essentielles (sommeil, faim). Les imipraminiques (tricycliques) ont un fort effet anticholinergique, central (tremblements, confusion mentale) et périphérique (sécheresse buccale, constipation). Les ISRS sont connus pour leurs effets secondaires sur la sexualité (baisse de la libido allant jusqu'à l'anorgasmie, retard de l'éjaculation : on parle même de syndrome post ISRS, dont l'effet peut être permanent)
  • l'effet biochimique : les antidépresseurs ont pour effet d'augmenter la concentration de neurotransmetteurs dans la fente synaptique (principalement, sérotonine, noradrénaline, plus rarement dopamine), qui sont généralement en sous-nombre chez les déprimés. Ces modifications de concentration s'accompagnent d'une adaptation de la structure post-synaptique, sous la forme d'une réduction du nombre de récepteurs bêta-noradrénergiques et sérotoninergiques.
Données de réflexion

A cause de leurs effets secondaires nombreux et gênants, et pour certains, d'une faible dépendance qu'ils peuvent occasionner, les traitements antidépresseurs sont très régulièrement abandonnés par les patients, voire par leurs médecins, lesquels sont pourtant très nombreux à les prescrire, et parfois, sans qu'il n'y ait un réel besoin ou au moins, une solution alternative : l'hygiène de vie, le sport et les sorties, interviennent pour beaucoup dans la reprise d'une humeur raisonnable. La France semble surconsommatrice d'antidépresseurs en regard d'autres nations. Si la faute en est parfois incombée aux difficultés et aux stress générés par notre société, les pratiques et la tradition médicamenteuse peuvent expliquer pour partie cette constatation.

synonymes : thymoanaleptique