Test

Akinétopsie




n.f. (angl. : akinetopsia, visual motion blindness)

Déficit de perception du mouvement d'un objet visuel, suite à une lésion bilatérale du gyrus (jonction) occipito-temporal.

Le patient souffrant d'akinétopsie peut percevoir aisément tout objet immobile mais les objets en mouvement lui sont partiellement voire complètement invisibles, ou visibles par succession, ou encore visibles mais déformés.

Le premier cas d'akinétopsie est décrit à Munich en 1983 par Joseph Zihl et ses collaborateurs, chez L.M., une femme de 43 ans, qui perçoit l'environnement comme une succession de photographies instantanées, comme sous l'effet d'un stroboscope. Elle présentait par exemple des difficultés à percevoir une voiture s'approchant, ou à se verser une tasse de thé : percevant le fluide comme gelé et immobile elle pouvait de s'apercevoir qu'elle en avait versé de trop que lorsque la tasse débordait et qu'une flaque se formait.

Ce cas est célèbre de par le ciblage des symptômes : L.M. : localisation saccadée normale, les autres détails de la scène visuelle (taille, distance, couleur) étaient conservés, et l'identification du mouvement tactile ou sonore préservé. L.M. présentait une akinétopsie flagrante pour les stimuli visuels bougeant sur plus de 6 secondes, mais semblait capable de percevoir le mouvement d'objets lents et bougeant pendant peu de temps, à condition qu'aucun autre stimulus en mouvement ne vienne parasiter la scène visuelle.

Dans son cas, un accident vasculaire avait lésé bilatéralement l'aire V5 présente à la jonction occipito-temporale (aires 19 et 37 de Broadmann). Plus généralement, la stimulation du cortex extrastrié provoque des akinétopsies légères chez les sujets normaux. Si habituellement, l'akinétopsie n'est visible qu'en présence d'une lésion bilatérale, certains cas de lésion unilatérale présentant une akinétopsie légère ont pu être reportés[1].

L'explication principale de la possibilité de décrire des mouvements lents mais pas de scène complexe, a été apportée par Newsome et Paré (1988). Un système parallèle à la vision, permettrait d'extraire le mouvement global d'une scène, afin que les aires normales de la vision puissent interpréter les mouvements locaux. Dans un cas semblable, l'aire v5 s'active lorsqu'est perçu un stimulus animé d'une vitesse conséquente (0.8 m/s au moins). Ceci explique également les difficultés à saisir un objet en mouvement[2].

2 cas atypiques d'akinétopsie ont pu être décrits suite à la prise de l'antidépresseur néfazodone[3].

Références

[1] Vaina et al
[2] Horton et Strobe (1999)
[3] Schenk, T., Mai, N., Ditterich, J. & Zihl, J. (2000) Can a motion-blind patient reach for moving objects? Eur. J. of Neurosci., 12; 3351-3360.