Test

Activisme (pathologique)




n.m. (angl. activism)

Tendance marquée à recourir à l'action en réponse aux conflits intérieurs ou à une situation externe angoissante, aux dépens d'une réflexion ou du ressenti face à ces événements.

Clin. L'activisme se distingue de l'Acting-out, notion que l'on retrouve principalement en psychanalyse et psychiatrie, souvent synonyme de passage à l'acte et d'impulsivité. L'activisme est à contrario une disposition durable dans le temps plus proche d'un trait de personnalité que d'un élan sporadique et spontané. En psychologie clinique, il désigne ainsi une tendance à privilégier des activités (l'action) dans le but de lutter contre l'angoisse (issue de conflits psychiques, internes, ou de situations problématiques, externes), aux dépens d'une réflexion ou du ressenti face aux aléas de la vie affective et sociale (rejet de la résolution des conflits par la discussion, la réflexion, et tentatives pour ôter l'impact émotionnel des événements traumatisants). Cette tendance naturelle comme mécanisme de défense est marquée (i.e. pathologique) lorsqu'elle devient excessive ou exclusive.

On trouve ainsi l'activisme lorsque le patient sur-investit une activité, souvent dans l'espoir "d'oublier" les situations conflictuelles. C'est par exemple la suractivité du personnel médical faisant face à un patient incurable ou en phase terminale. Cela peut également être l'investissement massif dans une activité sportive, de loisir, caritative... d'un employé en proie aux difficultés de son travail, ou à contrario, l'élan systématique vers le travail d'un mari ne pouvant faire face à un environnement familial qui l'oppresse. L'activisme est alors une stratégie d'adaptation à un contexte angoissant, sous la forme d'un dérivatif, substituant momentanément une occupation, à la pression des conflits émotionnels.

D'ordinaire, l'activisme est une stratégie partagée et non pathologique, menant par ailleurs à l'investissement sur une activité parfois gratifiante, socialement ou affectivement. Le phénomène s'observe également dans les situations courantes de la vie quotidienne où il est fréquemment toléré, compris, voire attendu. On considère l'activité substitutive comme une "soupape de sécurité", quelque chose qui occupe l'esprit "pour ne pas avoir à penser" aux difficultés. Ce mécanisme de défense, s'il prend de l'ampleur (par exemple, lorsqu'il devient systématique ou empêche la résolution des conflits de sorte que le patient s'en trouve en définitive, dans des situations encore plus conflictuelles) devient alors un frein au développement normal et à la gestion des conflits, dont résulte au final une souffrance plus importante. 

On le rencontre de façon ponctuelle lors d'épisodes maniaques, démentiels, de stress (par exemple, deuil), ou comme formation psychologique durable menant à une agitation continuelle ou un surinvestissement parfois inefficace sur des activités entretenant un rapport lointain avec les sources du conflit (notamment, il peut être le moteur de procrastination). Par le fait qu'il puisse être socialement acceptable, l'activisme peut se substituer à une réponse antérieure problématique (par exemple, chez les alcooliques repentis). Les addictions possèdent en effet quelques composantes communes avec l'activisme, ce qui explique la fréquence plus élevée de ce mode de défense chez les anciens  dépendants. L'activisme est par ailleurs fréquemment une réponse à des comportements aux sous-bassements addictifs ou obsessionnels (manger, ou au contraire, ne pas manger, boire, avoir des relations sexuelles en quantité, se droguer...), ou la rationalisation de ces comportements, comme dans le cas de sportifs anorexiques ou de jeunes parents éternellement occupés, débordés par l'angoisse de leur toute nouvelle parentalité.

Psychan. Freud le considère comme la marque d'une décharge d'excitation via l'activité motrice, allant parfois, selon McDougall (1993), jusqu'à l'addiction. L'énergie pulsionnelle est transmise à l'énergie motrice directement de manière à échapper aux désirs ou aux angoisses, par exemple, dans le cas de désir, pour se décharger de pulsions sexuelles, et dans le cas d'angoisse, pour effacer les tensions générées par les conflits émotionnels d'une vie quotidienne problématique ou d’événements traumatiques.

Certains autres mécanismes de défense lui sont fréquemment liés : chercher l'action au risque d'en oublier de gérer les problèmes du quotidien, ou dans l'espoir de lutter contre des situations pénibles, tout en ayant conscience ou non de l'inutilité de cette agitation, témoigne d'un déni par rapport aux aspects de la réalité qui devraient normalement modérer l'activité. Dans l'activisme altruiste, la recherche de reconnaissance ou le vécu par procuration permet au patient de s'identifier ou de projeter des compétences ou des envies inexprimables dans la vie propre du patient. C'est par exemple, la grand-mère qui, ne pouvant plus ni s'occuper de ses enfants suffisamment âgés, ni trouver dans sa vie quotidienne de palliatif à l'activité antérieure consacrée à sa famille, se rabat sur les petits-enfants pour faire face à l'angoisse de son vieillissement, notamment, faisant suite à sa ménopause.