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Abandonnisme




n.m. (angl. abandonment complex

Sentiment d'insécurité permanente lié à la crainte irrationnelle d'être abandonné.

L'abandonnisme est un état psychoaffectif de stress et de peur, permanent, provenant d'une crainte intense d'être abandonné de ses proches, de ses parents, sans qu'il n'y ait de réelle situation d'abandon. Des troubles d'attachement durant l'enfance, une personnalité dépendante affective, et une basse estime de soi représentent un terrain favorable à la survenue de ce trouble.

Modèle de comportement et de personnalité chez l'adulte

Il faut cependant noter que l'abandonnisme a soulevé de lourdes controverses et est utilisé dans plusieurs sens. Il peut désigner le mode relationnel (affectif et social) lié à la crainte angoissante de voir ses relations péricliter et autrui, les abandonner. Dans cette acceptation, certains auteurs font de l'abandonnisme une névrose d'abandon, caractérisée par la crainte sans raison objective quant aux relations en cours, dont les prédispositions peuvent être de nature différentes : estime de soi globalement faible (évitement, dépendance affective), névrosisme fort (et avec, les instabilités émotionnelles qui rendent toute relation difficile à suivre pour autrui), abandon réels dans le passé, vécu comme traumatisants, abandons répétitifs par le passé... L'abandonnisme peut être vu chez l'adulte comme conséquence d'une autre affection, pour laquelle les relations affectives et sociales sont altérées. Il est d'ailleurs souvent co-morbide à de tels troubles (trouble bipolaire, histrionisme, personnalité dépendante).

Modèle de personnalité chez l'enfant

Certains auteurs lient l'abandonnisme à un mode de fonctionnement relationnel spécifique, fait de contradictions affectives et comportementales, prenant sa source dès l'enfance dans les premières relations vécues ou sur la base d'un fonctionnement psychique relativement inné.

Dans cette acceptation, l'enfant et plus tard l'adulte, vivent sur le paradoxe affectif, cherchant les preuves du lien avec autrui par la demande d'actions, d'attitudes, difficiles à émettre ou injustifiées. Lorsqu'ils les obtient, il ne les désire plus (seul le fait de les obtenir constitue la preuve attendue, et n'apporte que rarement satisfaction en soi). Lorsqu'il ne les obtient pas, l'angoisse et la frustration se retrouvent "justifiées"... Ce qui rend difficile les relations et peut aboutir à un cercle vicieux proche de ce que l'on peut trouver chez les paranoïaques. Certains auteurs ont donc considéré l'abandonnisme comme une pathologie mixte avec composantes psychotiques et névrotiques.

Ce qu'il faut en retenir

En premier lieu, il faut noter que l'entité "abandonnisme" est mal définie, dépendante des auteurs et de théories sous-jacentes, et ne présente pas d'étiologie précise. De ce fait, elle constitue une source de spéculations formidable, mais néanmoins, ne constitue pas une entité clinique propre. L'abandonnisme est plutôt souvent vu comme un symptôme apparaissant à la suite d'affections plus générales ou de troubles de la personnalité.

La crainte liée à l'abandon peut prendre sa source dans des faits réels et indépendants du sujet (abandons multiples, traumatisme). C'est alors le mode relationnel du moment qui se révèle inadéquat, et l'influence du passé sur ses réponses présentes. Une telle étiologie répond globalement bien à des thérapies cognitives qui vont se baser sur la modification de schèmes cognitifs inadéquats.

La crainte peut également être liée à la persistance d'un mode de personnalité propice à l'angoisse et à la crainte, sans réelle situation d'abandon. L'insécurité affective semble plus profonde et le traitement direct de la symptomatologie abandonnique doit vraisemblablement s'accompagner d'un examen plus poussé. Dans la majorité des cas, d'autres troubles se sont mis en place en co-morbidité, le traitement de ces troubles améliore l'état affectif du patient.