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Vampirisme (clinique)




n.m. (ang. Clinical Vampirism)

Comportement rare consistant à ingérer de façon répétée le sang d'autrui, à différencier de l'autovampirisme (ingestion de son propre sang) ou de la zoophagie (ingestion d'animaux avec préférence pour le sang - hématophagie). Le vampirisme clinique est caractéristique des formes graves du syndrome de Renfield mais se rencontre également lors de phases délirantes issues de pathologies à caractère psychotique.


Le vampirisme clinique désigne avant tout un symptôme comportemental, généralement associé à une pathologie sous-jacente. Le symptôme peut être lié à des aspects culturels et identitaires (notamment, avec le mythe du vampire), peut s'inscrire dans un délire d'ordre supérieur en tant que symptôme attaché à une thématique délirante. On le rencontre également dans sa forme la plus spectaculaire, associé à un plaisir sexuel en tant que paraphilie, sur fond de psychopathie et de trouble identitaire.

Le vampirisme clinique comprend trois composantes : auto-vampirisme, zoophagie (hématophagie) et (exo-)vampirisme clinique. Les cas d'auto-vampirisme constituent l'un des premiers stades du syndrome de Renfield, mais se rencontre également de manière anecdotique dans des pathologies pathomimiques telles que le syndrome de Munchausen ou certaines obsessions comportementales et passages à l'acte auto-agressifs (auto-mutilations). La zoophagie, concept qui entraîne une certaine confusion (le terme "hématophagie" serait plus approprié), est le troisième stade du syndrome de Renfield. Elle consiste en l'ingestion du sang cru d'animaux, principalement domestiques du fait de leur proximité. Le vampirisme clinique à proprement parler consiste en l'ingestion de sang cru provenant d'autres humains, en dehors de pratiques culturelles avec un partenaire consentant. Il peut alors s'agir de vol de sang, par exemple dans les hôpitaux, d'agressions, voire de meurtre. On rencontre ce symptôme, caractéristique du dernier stade du syndrome de Renfield, dans d'autres pathologies, d'allure psychotique, telles que les troubles borderline, les bouffées délirantes, et principalement dans les délires schizophréniques.

Biologiquement parlant, l'ingestion de sang est un régime néfaste pour l'homme. Outre le délire (souvent issu d'une angoisse par rapport au corps, avec le besoin de voler "l'énergie vitale" ou "purifier son organisme" par l'ingestion du sang d'autrui), le vampirisme peut tirer son origine d'un plaisir sexuel lié à l'absorption ou la contemplation du sang. Il est alors un symptôme de nature fétichiste à forte composante sexuelle, le plaçant comme signe d'une paraphilie (déviance sexuelle), voire d'une psychopathie, lié à une impression de domination et de contrôle de l'autre.

On le confond souvent avec le syndrome de Renfield. Ce dernier est une constellation clinique présentant plusieurs symptômes (dont, dans les formes graves, le vampirisme clinique) obéissant à un schéma évolutif habituel, tandis que le vampirisme clinique peut se retrouver hors du cadre du syndrome de Renfield.